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Productivité5 min de lecture16 août 2026

Facturation électronique : au 1er septembre, la seule chose qu'on vous demande, c'est de pouvoir recevoir

Le 1er septembre 2026, une PME n'a pas à émettre ses factures au format électronique. Elle doit pouvoir en recevoir. C'est deux choses très différentes, et une seule vérification à faire.

Ce qui s'est passé

Le 12 août 2026, l'administration fiscale a mis à jour la liste officielle des plateformes agréées de la facturation électronique (impots.gouv.fr, page publiée le 30/07/2024, modifiée le 12/08/2026). Seize jours avant une échéance qui concerne toutes les entreprises assujetties à la TVA, sans exception de taille : le 1er septembre 2026.

Ce jour-là, une seule obligation tombe sur une PME de vingt personnes : être capable de recevoir une facture électronique. L'obligation d'en émettre ne s'applique aux PME, TPE et micro-entreprises qu'un an plus tard, le 1er septembre 2027 (impots.gouv.fr, « À partir de quand suis-je concerné par la réforme de la facturation électronique ? », publié le 15/11/2024, modifié le 16/01/2026). Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, elles, émettent dès le 1er septembre 2026.

Pourquoi ça concerne une entreprise de vingt personnes

Parce que vos fournisseurs les plus gros basculent ce jour-là, et que vous êtes au bout du tuyau.

Une facture électronique ne s'envoie pas par mail. Elle transite par une plateforme agréée — un opérateur immatriculé par l'État — qui cherche l'adresse de réception du destinataire dans un annuaire officiel, puis dépose la facture sur la plateforme du client. À compter du 1er septembre 2026, les entreprises assujetties doivent recourir aux services d'une plateforme agréée pour transmettre et recevoir leurs factures (impots.gouv.fr, « Facturation électronique et plateformes agréées »).

Si personne n'a désigné de plateforme pour votre entreprise, votre SIREN n'a pas d'adresse de réception. La facture de votre fournisseur n'a nulle part où arriver. Ce n'est pas une amende que vous risquez en septembre : c'est une facture que vous ne voyez pas passer, un fournisseur qui vous relance sur un impayé dont vous n'avez jamais eu connaissance, et un mois de comptabilité à reconstituer.

L'amende dont on va beaucoup vous parler dans les semaines qui viennent, elle, ne vous concerne pas encore. Le III de l'article 1737 du code général des impôts prévoit 50 € par facture, dans la limite de 15 000 € par année civile, pour le non-respect de l'obligation d'émettre une facture sous forme électronique (Légifrance, version en vigueur au 21/02/2026). Émettre. Pour une PME, c'est 2027. Toute personne qui vous vend une solution en septembre 2026 en agitant ce chiffre vous parle d'une obligation qui n'est pas la vôtre.

Ce qu'il faut faire — et ce n'est pas long

Trois vérifications, gratuites, qui tiennent dans une matinée.

1. Une question à votre expert-comptable. Une phrase, par mail, aujourd'hui : « Quelle plateforme agréée recevra mes factures fournisseurs à partir du 1er septembre, et mon SIREN est-il bien déclaré dans l'annuaire ? » Vous obtiendrez soit un nom précis — c'est réglé —, soit un silence, et le silence est l'information qui compte. La plupart des logiciels de comptabilité et de facturation ont pris les devants ; le piège est de le supposer sans le vérifier.

2. La liste officielle, avant toute signature. Une plateforme agréée est immatriculée par l'État, et la seule preuve qui vaut est la liste publiée sur impots.gouv.fr. Il en existait déjà une centaine en février 2026 (entreprendre.service-public.gouv.fr, publié le 06/02/2026). Si le prestataire qui vous démarche n'y figure pas, la conversation s'arrête là.

3. Votre SIREN dans l'annuaire. L'annuaire de la facturation électronique est consultable librement, sans compte, à l'adresse facturation.chorus-pro.gouv.fr/annuaire (page consultée le 16/08/2026). On y cherche un SIREN et on voit s'il dispose d'une plateforme de réception. C'est le même annuaire que consultera la plateforme de votre fournisseur pour vous adresser sa facture.

Ce qu'il ne faut pas faire

Ne signez rien dans l'urgence. Une échéance légale à date fixe est une saison de démarchage. « Mise en conformité 2026 », abonnement au mois, appel qui presse : la réponse est de raccrocher, d'ouvrir la liste d'impots.gouv.fr, et de rappeler ensuite si le nom y figure.

Ne changez pas d'outil de facturation à trois semaines de l'échéance. Ce que vous devez au 1er septembre, c'est une adresse de réception. Pas un nouveau logiciel, pas une refonte de votre processus de facturation. Le vrai chantier, celui de l'émission, vous avez un an pour le préparer — et il se prépare mieux en janvier qu'en août.

Ne confondez pas les deux dates. Recevoir en 2026, émettre en 2027. Beaucoup de ce que vous lirez d'ici la fin du mois mélangera les deux, souvent de bonne foi. Quand un chiffre ou une date vous est présenté, demandez la source : sur ce sujet, elles sont toutes publiques et gratuites.

Sources

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